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 « Avant, j'étais puceau. Mais, ça c'était avant » の L'pucelle Davidovich

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MessageSujet: « Avant, j'étais puceau. Mais, ça c'était avant » の L'pucelle Davidovich   Mer 29 Fév - 23:34



    Mes dents s'entrechoquèrent, alors que le froid s'insinuait contre la peau de mon ventre. Je détestais faire le trottoir, la nuit. Il faisait trop froid à Saint-Pétersbourg pour ça. Mais le mac s'en foutait. Du moment que l'argent rentrait, qu'on ne tombait ni enceinte, ni malade, tout allait. Un groupe de jeunes passa devant nous, sans vraiment nous remarquer. Nous n'étions que les putes du squat, élément décoratif, parmi les immeubles. Je soupirais et essayais de réchauffer mes mains glacées. Plus loin, sur ma droite, les filles parlaient entre elles. De ce que je comprenais, elle essayait de savoir qui ira dépuceler un jeune. Je levais les yeux au ciel. Les puceaux étaient peut-être les pires. Au lieu de tirer leur coup, comme n'importe qui, il fallait que ça dure. Je refusais d'être embrassée, me trouvant suffisamment sale comme ça, mais eux, essayait systématiquement. Et je détestais ça. Plusieurs fois, j'entendis mon prénom dans la conversation et je renversais ma tête en arrière. Pourquoi moi ? Qu'est-ce que j'avais pu faire dans une vie antérieure, pour mériter autant de merde d'un seul coup ? Depuis l'annonce de la mort de ma famille, j'allais encore plus mal. Je m'étais complètement refermée sur moi-même, parlant encore moins qu'avant. Mais, ça m'allait. Au moins, plus personne ne venait m'emmerder comme ça. Sauf que le mac m'était tombé dessus. Forcément, je n'avais pas fait le trottoir pendant quelques jours, me sentant trop mal, et ça ne lui avait pas plût. Alors, il me foutait là, ce soir. Une voiture pila face à moi et la vitre côté passager s'ouvrit. Je me redressais, plaquant un faux sourire sur mon visage. J'essayais d'arborer la tête la plus perverse possible. Et ça sembla marcher.

    […]

    Alors que je marchais dans la rue, resserrant les pans de mon gilet autour de moi, je pestais contre les autres filles. Pourquoi, est-ce qu'elle m'avait désigné avec cette putain d'unanimité ? Je détestais suffisamment devoir faire la pute, en plus, je devais me taper le dépucelage des russes ! Je grognais et cherchais un repère. Heureusement, une fille avec qui je m'entendais relativement bien, allait souvent dans ce quartier. Elle passait voir un habitué pratiquement toutes les semaines et elle était grassement payée, en plus de ça. Elle avait put m'aider un petit peu, me donner quelques repères pour trouver la maison d'Hélios Davidovich. Je crois. Je soupirais et accélérais la cadence, essayant de me soustraire aux yeux de tous. Mon dernier souhait était de finir en prison, parce que j'étais une pute. Tournant au coin d'une rue, j'aperçus l'arbre dont elle me parlait, et je marchais encore plus vite, gagnant le quartier. Une boule au ventre, je tournais devant les maisons, cherchant celle où il vivait. Je ne savais rien sur lui, à part quelques infos pratique. Son prénom, son nom et son adresse. Le reste, je l'ignorais. Je trouvais la maison et m'avançais vers la porte, toquant doucement contre celle-ci. J'essuyais mes mains moites contre mes cuisses et soupirais. La boule dans mon estomac grossissait de seconde en seconde, et mon rythme cardiaque s'affola. Ce dernier décolla vraiment quand la prote s'ouvrit sur un jeune homme. Putain, non … Pourquoi son petit frère était présent ? Je marmonnais une insulte et tentais de plaquer un sourire, aussi gentillement que possible. Il devait peut-être avoir l'âge d'Annà … Même si je ne l'avais pas vu longtemps, ma petite soeur me manquait. Elle était morte trop tôt. Beaucoup trop tôt.

    « Hey .. hmm .. J'crois que je dois voir ton grand-frère, Hélios ou un nom comme ça … il est là ? »

    Je croisais mes bras sur ma poitrine et déglutis. Mon regard se baissa sur le sol, tellement plus intéressant à regarder. Malgré les années passées à Londres, je détestais aller chez les clients. C'était trop intime, et, je n'étais rien qu'un élément décoratif. Un vide-couilles, une petite merde perchée sur des talons trop haut. Une fille qui écartait les cuisses pour trois fois rien. Une fille facile. Trop facile. Une Marie-couche-toi-là. Je serrais les mâchoires, retenant mes larmes. Si je me mettais à pleurer comme une fillette de deux ans, le mac ne laisserait pas passer. Je jouais trop avec le feu, en ce moment. Lentement, je relevais la tête, n'entendant plus aucun bruit. Le jeune homme était toujours planté devant moi, me regardant d'un drôle d'air. Une sorte de gémissement plaintif, ressemblant au dernier miaulement d'agonie d'un chaton, franchit la barrière de mes lèvres. Je passais une main dans mes cheveux en prenant conscience.

    « C'est toi Hélios Davidovich ? Putain, mais t'as quel âge ?! Quinze, seize ans ou quoi ? »

    Je le regardais de haut en bas. Mon dieu, dans quoi je venais encore de m'embarquer … Je soupirais une nouvelle fois et repassais mes doigts dans mes cheveux. Heureusement pour lui et pour moi, j'avais besoin d'argent, en ce moment. Enfin pour lui … quelque part, il me faisait un petit peu pitié. Coucher pour la première fois avec une pute, il y a mieux. Il y avait foutrement mieux que ça. Et puis moi, ça me permettrait de rentrer un peu plus d'argent. Et puis, Hélios n'avait rien à voir avec mes clients habituels. Quarante ans de moins, pas une seul ride, il ne puait pas le vieux connard alcoolique et il ne se pensait pas maître du monde. Je jetais un dernier regard derrière moi, et prenant mon courage à deux mains, je passais la porte d'entrée. Est-ce qu'il m'avait invité à entrer ? Je n'en savais rien. De toute manière, je n'étais pas là pour jouer au scrabble. Je me dirigeais, sans vraiment réfléchir, vers le salon. Mes pas me portèrent d'eux-même dans la maison familial, et là, la honte me tordit l'estomac. Je n'avais rien à faire ici. Ni pour ça, ni pour autre chose. Les larmes noyèrent mes yeux et je ravalais la boule qui obstruait ma gorge. À l'entente de ses pas, je me reconstruits un visage impassible et mon regard se reporta sur lui. Une grimace déforma ma figure, à peine quelques secondes.

    « Oh bordel … il va me falloir de la vodka. Beaucoup de vodka ... »

    Je glissais mes doigts dans mes cheveux bruns et roulais des yeux, en soupirant. Je retirais mes talons, les abandonnant au milieu du salon. Mes pieds entrèrent en contact avec le sol et un frisson monta le long de mon échine. Doucement, je m'approchais de lui, lui laissant la possibilité de s'enfuir. Mon sac trouva sa place au côté du canapé et je continuais ma route, baissant les yeux. Ce n'était pas sorcier, pourtant. Je l'avais déjà fais de centaines de fois. Aujourd'hui, n'était qu'un jour comme un autre. Malgré son âge, Hélios était un client comme un autre. Je tentais reprendre le peu de courage qui prenait la fuite et le regardait, lui demandant où se trouvait sa chambre.
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