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 Their tears are filling up their glasses. [Félix]

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IDENTITY CARD

« Noam S. Prescott »
Masculin
→ NOMS COMPLETS : Noam Sacha Prescott
→ ÂGE : 22 ans
→ PAPIERS : 304
→ LIEU DE RÉSIDENCE : primorski
→ SITUATION : plus ou moins en couple
→ BOULOT : Travaille dans le bar du père de Félix à côté de ses études de business & management.



MessageSujet: Their tears are filling up their glasses. [Félix]   Sam 18 Fév - 21:20




    Samedi matin. J'avais ouvert les yeux au lever du soleil, comme d'habitude et comme tous mes colocataires de l'étage, puisque les tissus dressés devant les fenêtres du squat n'étaient jamais suffisants pour couper la lumière du jour. Je suis resté quelques instants allongé sur le dos à fixer le plafond en clignant des yeux pour tenter de me réveiller, avant de basculer sur le côté, repliant les jambes dans mon sac de couchage pour me stabiliser. En bougeant, j'ai réalisé que mon pied était sorti dans un coin du sac. Ce con s'était troué pendant la nuit, sûrement en s'accrochant à quelque chose pendant que je gigotais comme à mon habitude. J'ai soupiré. J'allais devoir en racheter un rapidement si je comptais éviter de mourir de froid. Un sac de couchage qui résiste à du -30°C c'est bien, mais si il laisse entrer l'air, aucun intérêt. J'ai rentré de nouveau mon pied à l'intérieur, avant de tendre le bras pour attraper mon sac à dos. J'en ai sorti un bouquin, emprunté à la bibliothèque quelques jours plus tôt. Au squat, quelques uns avaient réussi à dégoter des télés d'appoint, mais se bousculer à 150 devant un écran de trente centimètres carrés ne m'enchantait pas plus que ça. Surtout que les séances de cinéma ici se terminaient les trois quarts du temps par une bagarre à propos du choix des chaînes, ou bien par l'antenne qui décidait qu'il faisait trop froid pour fonctionner. Au final, je suis resté toute la matinée recroquevillé dans mon lit de fortune, lisant à la lumière du jour, ignorant toutes les allées et venues autour de moi. J'allais bien devoir sortir de mon cocon un jour. Surtout que je bossais le soir même. Je me suis levé, avant d'aller faire la queue dans ce qui nous servait de salle de bain dans l'immeuble. Heureusement que parmi nous, certains avaient des diplômes, ou au moins des débuts de cursus dans des domaines un peu plus utiles que le mien, du genre la plomberie ou l'isolation.

    J'ai déposé mes affaires dans le périmètre qui m'avait été attribué à mon arrivée, puis j'ai descendu les deux étages qui me séparaient de la rue, et du retour dans le monde réel. Le squat nous protège, nous offre une communauté qui nous accepte sans discrimination, puisqu'on est tous autant dans la merde les uns que les autres, tous aussi fauchés et paumés. J'ai attrapé un métro. L'abonnement illimité de transports en communs était l'une de mes rares dépenses fixes mensuelles. Je commençais à m'habituer à la géographie de Saint-Pétersbourg, à connaître vaguement les quartiers, et à savoir plus ou moins où je me situais dans la ville, ce qui m'évitait de renouveler la soirée où je m'étais perdu en rentrant de la piscine. Arrivé dans le centre-ville, je me suis dirigé vers un magasin de sport. A peine avais-je posé un pied à l'intérieur qu'un vendeur m'avait presque sauté dessus pour me souhaiter la bienvenue et me demander si j'avais besoin de quelque chose de particulier. Oui, j'ai besoin de choisir entre me payer un sac de couchage vraiment chaud et mourir de faim, ou mourir de froid en ayant mangé tout le mois. Vous pouvez m'aider pour ça ? J'ai secoué la tête négativement, avant de me diriger vers le rayon montagne. Des dizaines et des dizaines de sacs de couchage s'alignaient sur les étagères. Maintenant commençait le long dilemme qui consistait à trouver le sac avec le meilleur rapport qualité-prix, avec un prix bas. Il m'a fallu quarante minutes pour faire mon choix. J'ai au final privilégié la chaleur corporelle, quitte à demander de la nourriture à quelqu'un d'autre à la fin du mois.

    En sortant, je suis passé devant une boulangerie, et l'odeur du pain a commencé à me faire saliver. Vu ce que je venais de claquer pour le sac de couchage, je ne pouvais pas me permettre d'aller acheter un sandwich super cher. D'autant qu'il me restait encore à acheter une nouvelle chemise pour le boulot, puisque ma dernière avait été bousillée par un client la semaine passée. J'arriverais sûrement à combler mon estomac en me goinfrant de cacahuètes au bar ce soir. Quelques dizaines de minutes plus tard, je ressortais d'un magasin de vêtements pour hommes, avec une nouvelle chemise, et soixante roubles en moins dans les poches. Sur ce coup là, je ne perdais pas tellement d'argent puisque j'allais être rapidement payé, mais ça faisait toujours cher pour un morceau de tissu. J'ai passé le reste de l'après midi à traîner dans le centre, à regarder les vitrines de magasins dans lesquels j'étais loin de pouvoir rentrer. Le genre de magasin où la moindre paire de chaussettes coûte la peau du cul. Les rues du centre-ville en étaient pleines. Quand la nuit a commencé à tomber, j'ai jeté un coup d'œil à ma montre. Mon service commençait bientôt. Je suis rentré dans un café, faisant mine d'avoir réellement l'intention de commander, puis je me suis dirigé vers les toilettes, pour enfiler la chemise et me redonner une figure présentable, en terminant par essayer de discipliner mes cheveux. Puis je suis ressorti, tandis que le gérant commençait à gueuler derrière moi. J'aurais pu faire ça directement au bar du père de Félix, mais j'étais censé avoir une apparence convenable, puisqu'ils n'étaient pas au courant que j'habitais au squat. Enfin, je ne leur avais pas dit, mais rien n'excluait qu'ils aient deviné. J'étais tombé sur ce boulot par le plus grand des hasards quelques semaines plus tôt, et un miracle avait fait que le gérant n'avait encore trouvé personne. Au final, c'était pas non plus un boulot nul, j'aurais pu me retrouver à nettoyer des chiottes dans une école publique. Au lieu de ça, je servais de la vodka à des vieux garçons dépressifs, ou des prostituées en goguette. Pas la grande joie, mais on a fait pire. Et quand il s'agit d'argent, je ne crache pas sur grand chose.

    J'ai poussé la porte de mon lieu de travail, jetant un coup d'œil circulaire dans la salle. Deux trois habitués, mais rien d'alarmant en termes de fréquentation. Le pire allait arriver plus tard dans la soirée. Le samedi soir, c'était la foire aux alcolos. Le patron m'avait demandé de récupérer les clés de voiture de ceux qui n'étaient plus frais, mais au final on se retrouvait du coup avec plusieurs dizaines de bourrés dans la même pièce. Ce qui conduisait inévitablement à plus d'une bagarre par semaine. Et avait le don d'énerver incroyablement Félix. D'ailleurs, il était où ? Je l'ai cherché du regard, ne croisant que son père, assis sur un tabouret près du comptoir, un verre à la main.

    - Bonsoir patron.
    - Noam ! Je t'ai déjà dit de m'appeler par mon prénom !
    - Désolé, j'ai du mal.

    Bonsoir à toi aussi, Noam. Je me suis dirigé vers le vestiaire. Enfin, vestiaire, un bien grand mot pour désigner un cagibi où on entassait nos affaires le temps du service. C'est là que j'ai trouvé Félix, en train de se changer. Je lui ai serré la main avant de m'appuyer contre le mur, attendant qu'il soit prêt. On savait tous les deux ce que le samedi soir impliquait au bar. Je jetais un coup d'œil vers lui, l'interrogeant du regard. Vingt heures, début des festivités.


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