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 I'm just me. Take me or leave me. Ϟ ft alaska

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« O-H Lawson Parsons »
Masculin
→ NOMS COMPLETS : Olly-Harold Lawson Parsons
→ ÂGE : 23 années
→ PAPIERS : 128
→ LIEU DE RÉSIDENCE : ton coeur. ton âme. ton lit.
→ SITUATION : célibataire!
→ BOULOT : barman quelques soirs.



MessageSujet: I'm just me. Take me or leave me. Ϟ ft alaska   Jeu 5 Jan - 0:50




take me or leave me.

    La nuit était tombée depuis plusieurs heures déjà. Les rues étaient calmes et les volets des maisons étaient fermés. Le jeune soupirait bruyamment, tout en fixant le ciel des yeux. Les étoiles se reflétaient dans ses yeux. Ébahis. Ses iris grandes ouvertes, il soupira d'aise, scotché par ce magnifique paysage que lui offrait cette nuit d'hiver. Tout était parfait à cet instant, sauf la légère brise qui entrait par-dessous sa doudoune bien chaude. D'un geste brusque, Lawson referma son habit, tout en soufflant péniblement. Il regretta tout de suite d'être venu ; le froid de Saint-Petersbourg lui détruisant complétement les joues. Si personne ne venait le voir, il finirait sûrement congelés sur place. Il leva et releva la tête, celle-ci cognant contre la terre. « t'es un gros débile mec, gros gros gros débile. »s'amusait-il à se répéter à voix basse, un minuscule sourire se dessinant sur ses lèvres, se moquant de sa propre bêtise. Ses fins doigts vinrent caresser l'herbes fraiche, lui arrachant un frison. Un deuxième soupire s'échappa de ses lèvres. Il se sentait bien, ici, à ne rien faire, bien que le froid lui détruisait chaque pores de sa peau. Quelle idée de venir se balader à une heure pareille, à cette période de l'année!
    Il releva maladroitement, et s'assit agilement en tailleurs. Ses yeux scrutèrent l'horizons. Rien d'intéressant à regarder, et pourtant il resta là de long instant, à fixer l'eau presque congelé. Enième soupire. Les choses se répétaient. Lentement. Image par image. Toujours la même chose. Que pouvait-il faire? Rien. Absolument. Lasse de ce silence impassible, il détourna du regard et se massa les joues. Il regretta tout de suite ne pas avoir pris des gants ; ses mains étaient gelés, ainsi que ses joues. Cette fois-ci, ce ne fut pas un soupire qu'il lâcha, mais un vulgaire grognement.
    Il se laissa tomber en arrière, à nouveau. L'image de son amie apparut dans sa tête, lui faisant oublier tout le reste. Il était comme en transe. Olly rêvait. Il s'imaginait le jour où il lui avouera tout. Où il lâchera tout ce qu'il a sur le coeur. Le meilleur des scénarios se déroulait dans sa tête, lui faisant chaud au coeur. Lui réchauffant le corps. Accélérant le rythme des battements de son coeur. Il rêvait les yeux ouvert. Personne ne pouvait lui gâcher ce moment là, ce moment à lui, ce moment d'intimité, ces instants où il divaguait.
    Soudain revenu à la réalité, il se redressa, tapotant comme un attardé son dos pour que l'herbe se décolle de son blouson. Sa main se glissa dans sa poche et après quelques instants de recherche à l'aveuglette, en ressortis un paquet de clope ainsi qu'un briquet. Eh oui, après la drogue vient la fumette. Enfin normalement c'est le contraire, mais on sait tous qu'Harold ne fait jamais les choses dans la norme. Il coinça une cigarette entre ses doigts congelés et l'alluma, puis la porta à ses lèvres. Il aspira la chaleur que lui procurait sa clope, et le même sourire qu'auparavant s'afficha sur son visage d'ange. Après avoir écarté le mégot un instant, durant lequel il relâcha la fumée, il la replaça exactement au même endroit. Il répéta ses gestes plusieurs fois, son esprit divaguant ailleurs, ses yeux cherchant quelques choses à fixer, et ses oreilles attentive à n'importe quel bruit.
    Soudain, un mouvement à sa droite retint son attention. Sa tête se tourna automatiquement vers le bruit qu'il entendit, et ses yeux croisèrent ce d'Alaska Stones. Son sourire s'élargit, surpris de cette merveilleuse surprise. Le même air agacé se trouvait sur le visage de la jeune fille, lui arrachant un éclat de rire ; elle ne changera donc jamais. Elle leva les yeux au ciel tandis qu'il tapotait sur l'herbe à côté de lui, l'incitant à venir le rejoindre. Mais elle resta de marbre, et continua de le fixer avec ses beaux yeux bleus. Lawson rit tout en tournant la tête ; effectivement, rien ni personne ne pourra la changer, celle-là. Il se leva difficilement et se tapota le derrière (← trop sexaaaaay le lawson) faisant tomber des brins d'herbes. Puis, sa cigarette maintenant finit, il l'éteint avant de la laisser rencontrer le sol et de l'écraser machinalement. Il entra ses mains dans ses poches, les protégeant du froid, avant de s'avancer vers la brune. Cette dernière n'avait pas bougé d'un centimètre, et n'avait pas arrêté de fixer le beau brun des yeux. Une fois arrivé à son hauteur, il lui lança un sourire honnête. Puis, son regard quitta ses iris et il détailla la tenue d'Alaska ; bien trop dénudé pour une soirée d'hiver. Il soupira, et en bon gentleman, il offrit sa veste à la jeune brune. Bon, je ne vous cache pas qu'il hésita grandement, mais il avait céder et avait décidé d'être généreux, se retrouvant en sweat shirt devant la jeune femme, toujours impassible. Son regard était froid et sans sentiments, mais ça, Lawson y était habitué. Il ne côtoyait pas vraiment Alaska, à vrai dire, il ne l'appréciait pas plus que ça. Elle l'intriguait. Elle n'était pas comme les autres, bien que des putes y'en avait beaucoup au squat. Elle trainait un lourd fardeau, dur passé, ça se voyait, ça se lisait, ça se sentait. Peu-être qu'elle trainait les problèmes partout où elle allait, mais ça, harold n'en avait que faire. Un de plus ou un de moi dans la vie du jeune parsons, ça ne fais pas vraiment de différence.
    Ils restèrent de longs instants à se fixer dans le blanc des yeux, avant que Law', gêné, se décida à briser le silence devenu trop froid depuis qu'Alaska était apparu dans son champs de vision. « Alors, qu'est-ce qui t'amène? » demanda-il au hasard, assez maladroit et d'un coup malaise. Ses mains quittèrent leurs agréables lits et il joua avec ses doigts, affreusement gêné, ayant tout d'un coup perdu son manque de confiance en soi. Il avait l'impression de retourner des années auparavant, lorsqu'il était encore à l'orphelinat et qu'il avait vu aelis pleurer. À cet instant précis, il ne savait pas quoi faire ou quoi. Il rit nerveusement avant se gratter la joue. « surtout, dis pas merci. » lança-il tout en roulant des yeux, mais accompagna le tout avec un sourire, ne voulant pas plomber l'air. Oups, raté..
    Il faut dire qu'avec Alaska, Lawson n'a jamais su comment se comporter. Elles changeait d'humeur comme de chaussettes, et ça commençait à l'agacer sérieusement. Pas qu'il la fréquente souvent, mais assez pour dire que ses sentiments aiment jouer au yo-yo. Et ça commençait à l'agacer sérieusement.

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MessageSujet: Re: I'm just me. Take me or leave me. Ϟ ft alaska   Jeu 5 Jan - 20:41



    La nuit était entamée depuis quelques heures, et le ciel était aussi noir que de l'encre. Les étoiles brillaient, mais la lune se cachait derrière les nuages. Depuis que j'étais partie, j'errais. Je marchais, sans but réel, mes pas me portant là où le désiraient. Mon cœur me faisait mal et mes membres tremblaient, à cause du froid et de la peur. La peur de retrouver l'enfer que j'avais réussis à quitter et qui était, à présent, éloigné de mon présent. De moins, aussi loin que possible. Je fermais les yeux et stoppais ma lente progression. Mon corps était totalement engourdi, le froid me pétrifiait de plus en plus, la faim me tiraillait l'estomac de plus en plus souvent, et la peur me tordait le cœur, me vrillait les tripes. Je soupirais et un léger halo de fumée sortit de ma bouche. La fatigue m'engourdissait totalement et je tombais presque au sol. En voulant continuer à avancer, mes jambes vacillèrent et je perdis l'équilibre. Ma tête tourna. Mes genoux et le plat de mes mains amortirent ma chute, m'empêchant de me mouiller encore plus. Des sanglots silencieux glissaient le long de mes joues, laissant une trace gelée sur ma peau. Ma respiration se hachura et je m'étouffais. Les larmes dévalaient mes joues, et je posais une main sur ma poitrine. Mon cœur pulsait douloureusement contre ma paume. J'avais mal. Trop mal.

    […]

    Mes pas m'avaient porté au bord de l'étang. Perdu dans mes pensées, je n'avais même pas réalise que quelqu'un était là. Dans une autre vie, j'avais dû noyer des chatons pour mériter tout ce qui m'arrivait, aujourd'hui. Mon dos commençait à me faire mal. Mon oreille me gênait. Mes jambes commençaient à se faire lourdes. J'avais mal à la tête. Trop mal. Mes muscles étaient tout ankylosés, à force de me ratatiner sur moi-même, cherchant un peu de chaleur. Mais au-delà de la douleur physique, il y avait celle morale. Celle que je me trimballais depuis mes trois ans. Depuis que j'avais dû quitter Clémence. De nouvelles larmes roulèrent sur mes joues et je ne tentais même pas de les retenir. Elles coulaient, silencieuses, seules témoin de ma détresse.
    Plus loin, il y avait quelqu'un allongé dans l'herbe. Je plissais les yeux, essayant de distinguer la silhouette. Mon rythme cardiaque ne bougea pas. Il y avait longtemps que cette peur était passée. Les séquelles étaient, et seraient toujours là, mais j'allais « mieux ». Je toussotais et un visage d'homme se tourna vers moi. Je replaçais mon masque de froideur. En voyant qu'il s'agissait de Lawson, je soupirais, alors que lui souriait. Depuis combien de temps un sourire n'avait-il pas barré mon visage ? Depuis combien de temps n'avais-je pas ris ? Deux ans. C'était court et long. C'était douloureux et indolore. Je poussais un nouveau soupir et mon coeur se comprima, dans ma poitrine. La nausée grimpa lentement, alors que je continuais de m'approcher du jeune homme. Mes bras se croisèrent sur ma poitrine, et je tentais de me réchauffer. Or, mes doigts étaient aussi froids que de la glace et ma tentative fut vaine. Je grelottais, littéralement. Je n'avais conscience de rien, pas même de son regard plongé dans le mien. Et je le fixais, attendant. Je le regardais, comme s'il n'était qu'un élément de décoration, dans ce vaste paysage. À sa question, je haussais les épaules. C'était mes pas qui m'avaient conduits jusqu'à lui. Mes yeux se posèrent par-dessus son épaule, et un nouveau soupir franchit mes lèvres gelées. Tout ce que j'avais vécu me semblait à mille lieu d'ici. Son rire me sortit de mes souvenirs et je reposais un regard interrogateur sur lui. Mes sourcils se froncèrent à sa question et mes yeux se baissèrent vers sa veste. Je repoussais sa main, qui tenait toujours le sésame le plus précieux du monde. Mon visage se tordit dans un espèce de sourire, bizarre.

    « Merci ... »

    D'un seul coup, sans prévenir, je me détournais de lui et partis m'asseoir, un peu plus loin. Je ramenais mes genoux contre ma poitrine et frissonnais. J'avais tellement froid en ce moment. Ma mâchoire se crispa, pour éviter qu'elle ne se mette à claquer. Je tentais de garder le maximum de chaleur, mais ça ne servait à rien. J'avais trop froid. Et mon dos commençait à me faire affreusement mal. Un gémissement sortit de ma bouche, sous la douleur. Mais je ne pouvais pas bouger. Je ne devais pas bouger si je ne voulais pas mourir de froid, définitivement. Sentant Lawson à mes côtés, je tentais de contrôler les tremblements dans ma voix.

    « Je déteste ma vie. Je déteste ce métier de merde. Je déteste quand on me force. »

    Si ma voix avait à peine tremblé, mes sanglots, quant à eux, étaient facilement audibles. Je sentis les larmes glisser sur mes joues, alors que les souvenirs revenaient. Ça n'avait rien à voir avec ce qui c'était passé à Londres, mais c'était pareil. Cette fois, j'avais réussis à me débattre et à partir, laissant tout en plan, récupérant seulement mon sac. J'étais peut-être une prostituée, mais je restais tout de même une femme. J'étouffais un sanglot et essayais de reprendre une respiration normale. Comme j'aurais aimée que tout soit plus simple. Comme j'aurais aimée que la vie ne soit pas si dure avec moi. De manière inexplicable, j'entendis ma voix s'élever, tellement basse, que je ne sus pas si Lawson m'avait entendu ou non.

    « J'ai aimé une seule personne, avant. Et je suis tombée enceinte. À dix-neuf ans. Normalement, j'aurais dû avoir deux enfants. De faux jumeaux. Il y avait une petite fille et un petit garçon. Sauf que j'ai eu un accident. Une voiture m'a foncé dedans, alors que j'allais traversé. J'ai perdu les deux bébés sur le coup, et je suis complètement sourde de l'oreille gauche. Finalement, j'me demande si c'est pas mieux cet accident. T'imagines s'ils n'étaient pas morts ? Comment j'aurais fait ? J'arrive déjà pas à me nourrir et à avoir un toit, si c'est pour avoir deux petits de deux ans, en plus … J'ai été obligé de recommencer la prostitution, parce que j'veux me sortir de là. J'aime pas la rue. J'y ait été une fois, quand j'avais seize ans, et ça m'a suffit. »

    Mon cœur se comprima dans ma poitrine et je resserrais mes bras, autour de mes jambes. J'essayais de garder un minimum de chaleur. Assez pour survivre, malgré le peu de vêtements que j'avais sur le dos. Je reniflais, essayant de contenir ma peine. Souvent, je pensais à ces deux bébés. Ils avaient été mon dernier lien avec Thomas, pendant six mois. À présent, je n'avais plus rien et c'était ce qu'il y avait de mieux pour recommencer sa vie. Mais je ne voulais pas oublier. Jamais. Et puis, cette situation, qui me faisait plus souffrir qu'autre chose. Ces hommes que j'étais sensée satisfaire, alors que je mourais de plus en plus chaque jour. Un profond soupir franchit mes lèvres et de la fumée le suivit. J'étais fatiguée de tout ça. Lasse de me battre pour vivre. Mais le suicide ne résout rien. Jamais. Alors, je me bats. Ou du moins, j'essaie.

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MessageSujet: Re: I'm just me. Take me or leave me. Ϟ ft alaska   Sam 7 Jan - 17:05




take me or leave me.

    Le regard d'Alaska n'était pas comme les autres. Pour Harold, c'était comme un appel à l'aide. Un regard lointain, comme nostalgique. Elle avait besoin de se confier, de vider son sac, et heureusement que Lawson se trouvait là pour l'écouter et la supporter dans cette dur épreuve. C'était le moment.
    Elle déclina l'offre du jeune homme, bien qu'elle se les pelais. Cette femme se comportait de façon étrange, surprenant de jours en jours Lawson. Elle était un mystère pour lui. Elle se détachait du groupe des squatteurs de base, elle, elle avait quelque chose, elle dégageait quelque chose. Ses yeux bleu étaient comme suppliant. Toujours. Chaque fois qu'il avait le malheur de croiser son regard, il découvrait un énorme vide, tellement grand qu'il lui donnait mal au coeur. Cette fille n'avait donc aucun respect pour sois? Remarque, Harold non plus ne se respecte pas. Au fond de lui, il essaye de se tuer à petit feu. Doucement. Sans laisser aucune séquelle.
    La jeune femme bougea, sortant ainsi l'Américain de ses pensées. Il doutait, doutait de l'identité de cette squatteuse. Elle se cachait derrière un masque. Elle le torturait, trop d'énigmes à résoudre pour un petit cerveau comme celui de Lawson. Ses yeux la suivirent du regard, guettant chacun de ses faits et gestes. Elle était faible, à la limite de l'évanouissement. Pâle comme la neige, elle donnait une mauvaise image d'elle, bien que le manque de lumière la cachait des regards. En même temps, à une heure pareille, il n'y avait personne pour la regarder. Sauf Olly. Il était toujours là à la regarder, à essayer de la percer à jour. De la découvrir. Voyant qu'elle s'était assise non loin de l'endroit où il s'était lui-même placé, il hésita. Finalement, il avait peur de la découvrir. Un grognement presque inaudible s'échappa de sa bouche, tandis que sa main droite serrait fort le blouson qui se trouver en sa possession, et sa tête tournait de droite à gauche, avant qu'il ne se précipite au côtés d'Alaska. La curiosité lui rongeait les os, et son coeur voulait la consoler du mieux qu'il pouvait.
    « J'ai aimé une seule personne, avant. Et je suis tombée enceinte. À dix-neuf ans. Normalement, j'aurais dû avoir deux enfants. De faux jumeaux. Il y avait une petite fille et un petit garçon. Sauf que j'ai eu un accident. Une voiture m'a foncé dedans, alors que j'allais traversé. J'ai perdu les deux bébés sur le coup, et je suis complètement sourde de l'oreille gauche. Finalement, j'me demande si c'est pas mieux cet accident. T'imagines s'ils n'étaient pas morts ? Comment j'aurais fait ? J'arrive déjà pas à me nourrir et à avoir un toit, si c'est pour avoir deux petits de deux ans, en plus … J'ai été obligé de recommencer la prostitution, parce que j'veux me sortir de là. J'aime pas la rue. J'y ait été une fois, quand j'avais seize ans, et ça m'a suffit. » Et elle commença à parler, à se confier. Faiblement. C'était casi-inaudible, mais Lawson tendait l'oreille du mieux qu'il pouvait, attentif à la moindre parole de la brune, ses iris toujours captivés par la jeune femme. Par son récit. Les larmes ne se voyaient pas, mais elles s'entendaient. Des sanglots, grandissant dans la poitrine d'Alaska et mourant avec ses larmes, se notait dans sa voix, transperçant le coeur de Lawson, le touchant de plein fouet. Il essayait de trouver les mots, mais rien n'osait passer le cape de sa bouche. Pourtant, son cerveau était en pleine recherche des mots qu'il fallait utilisé, mais rien. Aucune idée. Il restait tout de même attentif, son regard brillant d'émotions. Elle tourna la tête vers lui, un instant, calant sa joue sur son genoux, rien qu'un instant, et Harold lui dit tout en un regard. Il fallait qu'elle continue, qu'elle lâche ce qu'elle a dans son coeur. Qu'elle hurle. Qu'elle bouge. Qu'elle admette. Qu'elle regrette. Qu'elle agisse. Et, désormais, c'était comme si elle savait qu'il allait l'aider. Comme un pacte ; elle faisait tout ça si elle avait son support.
    Voyant que sa peau commençait commencer sérieusement à pâlir, il déposa son blouson sur le dos d'Alaska, sans la brusquer, ne la touchant même pas. Toujours aussi attentif à la moindre réaction de la part de la jeune femme.
    Parler ou ne pas parler? Il avait peur de demeurer silencieux et qu'elle pense qu'il n'en avait rien à foutre. Faux. Juste peur de gaffer, de dire une connerie, de lui faire peur. La peur au ventre, Olly entreprit de lui répondre, ses mots bien réfléchis, mais légèrement hésitant. « t'as pas eu une vie facile, mais tu dois te reprendre en main.. tu peux compter sur moi si t'as besoin d'aide. » déclara-il simplement, passant une main sur sa nuque, un air gêné sur le visage, mais un sourire tout de même accroché sur ses lèvres, un sourire se voulant rassurant. Il ne lui ferai jamais de mal, ça, elle pouvait en être sûr. Mais ça doit être dur pour elle de se confier à quelqu'un qu'elle connait à peine. Ou alors, peut être qu'elle ne s'en rendait pas compte. Peut être qu'elle croyait être seul. Peut être qui la dérangeait. Peut être qu'elle ne le voulait pas à ses côtés..
    stop. Il devait arrêter de penser, juste concentrer ses pensées sur ce bout de femme. Dur pour lui de penser à autre chose que sa petite personne. Sa vie comparée à celle d'Alaska semblait être normal, et lui qui croyait avoir de gros problèmes.. Il concentra son attention sur celle de la brune, qui était désormais silencieuse. Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il ne pourrait vous dire si elle avait ouvert la bouche depuis qu'il lui avait adressé la parole.
    « babe take a chance on me ♪ ♫ » soudain, une mélodie se fit entendre, grandissant dans l'obscurité de la nuit et brisant ainsi tout silence. Lawson sursauta avant de répondre au téléphone, une mine confuse peinte sur son visage. « Allô?euh j'vais arriver en retard.m'attends pas.c'pas tes oignons aelis!j'fais c'que j'veux.ouais ouais c'est ça, bonne nuit. » acheva-il en un soupire à fendre l'âme, fatigué que ses amies soit toujours derrière lui. Il s'excusa auprès d'Alaska en un regard, avant de lui sourire timidement, essayant de la rassurer. « continues.. » souffla-il, impatient de connaître la vie de son.. amie? Peut être qu'à force, elle allait le devenir. Un sourire se dessina sur son visage, pensant à cette probabilité. Mais elle ne cherchait sûrement pas son amitié, mais son réconfort.


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MessageSujet: Re: I'm just me. Take me or leave me. Ϟ ft alaska   Mer 29 Fév - 22:04



    Je sentis la présence d'Olly à mes côtés et mon corps fut parcourut d'un long frisson. Je resserrais la pression sur mes jambes, essayant de garder de la chaleur. Je détestais la Russie et ses froids insupportables. Buenos Aires était tellement plus chaud. Ma voix râpait contre ma gorge et les larmes affluaient à mes yeux. Pourtant, j'essayais de les contenir. En tournant le regard, je croisais les yeux d'Harold et il parla avec ses yeux. Un faible sourire étira mes lèvres, tant le situation était stupide. Ses bras bougèrent et mes yeux se posèrent dessus, alors qu'il déposa sa veste sur mes épaules. J'en attrapais les pans et la resserrais presque aussitôt autour de moi. Je voulais rentrer au squat et dormir. Dormir pour oublier, pour ne plus penser. Quand il parla, je détournai le regard et le plongeai dans l'obscurité, face à moi. Sa phrase éveilla quelque chose en moi. Quelque chose de brisé, certes. Un rire jaune, presque cynique secoua mon cadavre.

    « Si tu savais le nombre de fois où j'ai entendu cette phrase. « T'as pas eu une vie facile, mais maintenant c'est terminé, parce que j'vais te sortir de la merde, Alaska. » J'aurais aimé gagné un rouble russe, à chaque fois. À l'heure qu'il est, je serai probablement riche. »

    Je m'étirais légèrement, redressant mon dos. La douleur physique me faisait oublier celle morale et la merditude que je me prenais chaque jours, en pleine tronche. La douleur physique me faisait exister, elle me rendait vivante. Elle me montrait, que j'étais là, que j'allais bien. D'une certaine manière. Sa sonnerie de téléphone me fit sursauter et je serrais la mâchoire. Il se releva, tout en décrochant et s'éloigna. Je restais par terre, repliée sur moi-même, laissant la douleur dans mon dos, prendre possession de mon corps. Quand il revient vers moi, je relevais les yeux vers lui et accrochai mon regard au sien.

    « Tu devrais rentrer chez toi, Lawson. Ta copine va t'attendre. »

    La dernière chose dont j'avais besoin, était que Lawson m'en veuille, parce qu'il se sentait peut-être obligé de rester avec moi. Je soupirais et passais des doigts tremblants dans mes cheveux. Mes yeux commençaient à se faire lourd, alors que Lawson reprenait sa place à mes côtés. Pourquoi est-ce qu'il s'occupait d'une fille comme moi ? Pourquoi est-ce qu'il me montrait un petit peu d'intérêt ? Je n'avais rien. Pas d'histoire, pas de vie. À part des problèmes à ne plus savoir quoi faire, je n'étais rien. Rien, sauf un cadavre décharné, une petite merde dans un monde trop dure. Une petite fille qui n'a pas grandit. Juste une gamine qui a vieillit et qui s'est laissée marcher dessus par la vie. Un soupir sortit de mon corps de trop maigre, alors que j'attrapais mes cheveux, entre mes doigts.

    « Je sais pas quoi dire. Depuis bébé, j'ai jamais eu de chances. Jamais. Mes parents m'ont abandonné quand j'avais trois mois, à Londres. Ils m'ont dit qu'ils n'arrivaient pas à s'occuper de moi. J'ai été dans un orphelinat trois ans, et on m'a adopté. Il s'appelait Daniel, et il me battait. Ça a duré onze ans, jusqu'à ce que ça dégénère complètement et qu'il m'envoie à l'hôpital. Mon meilleur ami m'a dit que j'étais restée quatre mois dans le coma. À mon réveil, j'ai à nouveau été adopté. Mais, ça a été plus tranquille. Je suis peu de temps avec eux, et un matin, je les ai retrouvé mort dans leur chambre. À quinze ans, je partais dans la rue. J'avais peur de retomber sur un homme comme Daniel. Il avait faillit … abuser de moi, mais ça c'est pas produis. Mais ça aurait ptêtre été mieux. Après un an dans la rue, je rejoignais un réseau de prostitution et mon mac me violait. Après, c'est que du blabla. À dix-huit ans, j'ai quitté Londres pour Buenos Aires. J'ai retrouvé mes parents et ma petite soeur, là-bas. À dix-neuf ans, j'ai aimé et je suis tombée enceinte. Je suis partie sur Paris, quand le père a refusé sa paternité et que j'ai couché avec mon meilleur ami. Pour une histoire de sentiment. Stupide. Et à vingt-deux ans, je débarque ici. »

    Tout au long de mon récit, j'avais natté ma longue chevelure brune. La tresse retomba contre ma poitrine, vibrante de ma respiration laborieuse. Ma voix me donnait l'impression de sortir d'outre-tombe. Une mort-vivante au pays des humais. Aussi pâle que la lune, aussi éteinte que la mort. Il n'y avait plus rien. Toute ma vie n'était qu'une continuité d'éléments merdiques, qui se reliait entre eux. L'élément déclencheur était ma naissance. Si, je n'étais pas allée dans la rue, je n'aurais jamais connue le mac, je n'aurais pas été violé, je n'aurais pas été détruite. Si, je n'avais pas fugué, j'aurais été dans un foyer et j'aurais pu être heureuse. Si, je n'avais pas été dans la rue, je n'aurais jamais connu Thomas, je ne l'aurais jamais aimé, je ne serais jamais tombée enceinte, et je ne serais jamais devenue à moitié sourde. Mais, avec des « si », on mettrait Paris en bouteille. Je reposais ma tête sur mes genoux, et plongeai mon regard vers l'au-delà, serrant la veste de Lawson autour de mes épaules.

    « Pendant des années, j'en ai voulu à mes parents. Pendant des années, j'ai essayé de savoir pourquoi moi et pas ma petite soeur. Puis, j'en ai eu marre de me poser des questions, j'ai préféré les haïr sans raisons. C'était plus simple. Et puis, d'une certaine, c'était de leur faute. S'ils ne m'avaient pas abandonné, j'aurais peut-être pas connu cette vie là. Enfin, vie. Je resterais toujours une sorte de matricule. Un chiffre qui ne vaut rien, finalement. »

    J'étirais mes jambes nues devant moi et soupirais. Un mouton de fumée monta dans le ciel et je glissais une main dans mes cheveux. Rien n'avait changé. On m'a toujours dit que parler allège la conscience. Je venais de déballer ma vie à Lawson, et pourtant, rien ne changeait. Je me sentais toujours aussi pathétique, toujours aussi merdique. Peut-être que je n'avais pas encore trouvé la bonne personne, à qui livrer mes secrets. Mon regard ne quittait pas le tas d'os blancs devant moi. Mes jambes portaient les coups de nombreuses années à lutter. Et dire que pendant quelques secondes, j'avais crû aux paroles de Thomas. Dire que pendant quelques secondes, je me disais que ce n'était pas grave, que j'étais jolie quand même. Foutaise.

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